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Août 1911 Demain je dois partir pour l’Italie. Ce soir le père était tellement agité qu’il n’arrivait pas à s’endormir, affecté comme il l’était par les soucis que lui cause son commerce et par la maladie qu’ils ont réveillée. Sur le cœur une serviette humide, envie de vomir, manque d’air, allers et venues tout en gémissant. La mère en sa peur trouve une nouvelle consolation. Il a toujours été si énergique, dit-elle, il s’en est toujours sorti et maintenant – Je dis que cette mauvaise passe ne durera pas plus d’un trimestre, et puis tout devrait s’arranger. Il marche en gémissant et en secouant la tête de haut en bas. Il est clair qu’à ses yeux ses soucis ne sont ni écartés ni allégés par nous, mais même à nos propres yeux ils ne le sont pas non plus, et même dans notre bonne volonté il y a encore quelque chose comme la si triste conviction qu’il a la charge de sa famille. – Plus tard j’ai pensé qu’il devait être allongé aux côtés de la mère, qu’il devait se tenir serré contre elle, la chair d’un parent doit calmer. – Par ses bâillements répétés et par sa façon de se décrotter le nez, d’ailleurs pas dégoûtante, le père nous rassure un petit peu quant à son état, ce dont nous ne prenons qu’à peine conscience, bien qu’il ne fasse pas cela en général lorsqu’il est en bonne santé. Ottla me l’a confirmé. – La pauvre mère veut aller demain intervenir auprès du propriétaire.

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