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1er octobre 1911 Synagogue d’Altneu hier. Kol Nidre. Murmure étouffé comme à la Bourse. Dans le vestibule boîte avec l’inscription : « Les dons charitables faits en silence apaisent l’indignation ». Intérieur pareil à celui d’une église. Trois hommes pieux visiblement des Juifs de l’est. En chaussettes. Penchés sur le livre de prières, le manteau de prière rabattu sur la tête, devenus aussi petits que possible. Deux pleurent, émus seulement par le jour de fête ? L’un a peut-être simplement mal aux yeux, sur lesquels il applique rapidement son mouchoir encore plié pour pouvoir rapprocher aussitôt son visage du texte. Ce n’est pas véritablement ou principalement le mot qui est chanté, mais à sa suite on file des arabesques à partir du mot fin comme un cheveu. Le petit garçon qui, sans la moindre idée de tout ce qu’il y a autour et sans aucune possibilité de s’orienter, le bruit dans les oreilles, se pousse parmi les gens et est poussé. Celui qui semble être un commis se secoue rapidement en priant, ce qui ne peut être vu que comme une tentative d’accentuation aussi forte que possible, même si elle est incompréhensible, de chaque mot, grâce à quoi il ménage sa voix qui, d’ailleurs, dans tout ce bruit, ne pourrait produire une accentuation claire et prononcée. La famille du tenancier de bordel. A la synagogue de Pinkas j’étais saisi d’une façon incomparablement plus forte par le judaïsme.

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