Mots-clefs

, , , ,

3 octobre 1911           La même nuit, sauf que j’ai eu encore plus de mal pour m’endormir. Alors que je m’endormais une douleur avançant à la verticale dans ma tête au-dessus de la racine du nez, comme si elle était causée par un pli de mon front trop fortement comprimé. Afin d’être le plus lourd possible, ce que je crois bon pour s’endormir, j’avais croisé les bras et posé les mains sur les épaules, si bien que j’étais allongé là comme un soldat tout équipé. De nouveau c’est la puissance de mes rêves, rayonnant déjà dans l’état de veille avant le sommeil, qui m’a empêché de dormir. Le soir et le matin la conscience de mes facultés créatrices est infinie. Je me sens relâché jusqu’au fond de mon être et je peux lever ce que je veux hors de moi. Cette façon d’attirer hors de moi de telles forces qu’on laisse ensuite improductives me rappelle ma liaison avec B. Ici aussi ce sont des épanchements qui ne sont pas libérés mais qui doivent s’anéantir eux-mêmes dans le choc vers l’arrière, sauf qu’ici – c’est la différence – il s’agit de forces plus mystérieuses et de ce que je vise par-dessus tout.

Publicités