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Hier soir sur le Graben. S’avançant vers moi trois actrices qui venaient d’une répétition. Il est si difficile de se faire rapidement une idée de la beauté de 3 femmes quand on veut encore regarder 2 acteurs qui avancent derrière elles de ce pas trop oscillant et aussi léger des comédiens. Les deux hommes, dont celui de gauche avec son visage juvénile et gras, son pardessus ouvert enveloppant une forte silhouette, est assez caractéristique pour les deux, dépassent les dames, celui de gauche sur le trottoir, celui de droite sur la chaussée. Celui de gauche saisit son chapeau tout à son sommet, y plonge ses 5 doigts, le soulève bien haut et lance (c’est seulement maintenant que celui de droite se décide à faire de même): Au revoir ! Bonne nuit ! Mais tandis que cette course pour les dépasser et les saluer a séparé les messieurs, les femmes saluées, comme si elles étaient guidées par celle qui marche vers la chaussée et semble la plus frêle et la plus grande, mais aussi la plus jeune et la plus belle, continuent leur chemin, aucunement troublées, leur léger salut interrompant à peine leur conversation harmonieuse. Tout cela, à cet instant, m’a paru constituer une preuve solide que les rapports au sein du théâtre sont ordonnés et bien menés.

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