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12.X   II.    Hier travaillé chez Max au journal parisien. Dans la pénombre de la Rittergasse, la grosse et chaude Rehberger dans son costume d’automne que nous n’avons connue que dans sa blouse d’été et sa mince et petite veste bleue dans lesquelles une fille au physique qui n’est pas tout à fait sans défauts a finalement l’air pire que si elle était nue. Ce qu’on avait vu alors, c’était surtout son gros nez dans un visage anémique dont il aurait fallu presser longtemps les joues avant d’y faire apparaître une rougeur, le fort duvet blond qui s’était accumulé sur la joue et la lèvre supérieure, la poussière de la voie ferrée qui s’était perdue entre le nez et la joue, et la blancheur malsaine dans l’échancrure de sa blouse. Mais aujourd’hui nous l’avons suivie pleins de respect, et quand j’ai dû prendre congé à l’entrée d’un passage devant la Ferdinandstrasse parce que je n’étais pas rasé et que j’avais en plus une allure misérable (alors que Max était très beau avec son pardessus noir, son visage blanc et l’éclat de ses lunettes), j’ai ressenti par la suite quelques poussées d’affection pour elle. Et quand j’en ai cherché la raison, je revenais toujours au fait qu’elle était si chaudement vêtue.

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