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21 octobre 1911       Un contre-exemple: quand mon chef discute avec moi des affaires du bureau (aujourd’hui la cartothèque), je ne peux pas le regarder longtemps dans les yeux sans qu’apparaisse dans mon regard, tout à fait malgré moi, une légère amertume qui fait qu’il détourne le sien, ou moi le mien. Son regard de façon plus fuyante mais plus souvent parce que n’étant pas conscient de la cause il cède à chaque tentation de porter son regard ailleurs, mais le ramène aussitôt vers moi, puisqu’ il ne considère tout cela que comme une faiblesse passagère de ses yeux.  Je résiste à cela plus vigoureusement et accélère donc le mouvement en zigzag de mon regard, préfère encore regarder le long de son nez et dans les ombres qui bordent ses joues, ne parviens souvent à tenir mon visage dans sa direction qu’à l’aide des dents et de la langue dans la bouche fermée, quand il le faut, je baisse certes les yeux, mais jamais plus bas que sa cravate, mais j’accède au regard le plus intense dès qu’il détourne les yeux et que je peux le suivre exactement et sans égards.

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