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La danseuse Eduardowa n’est pas aussi jolie à l’air libre que sur scène. Le teint blanc, ces pommettes qui tendent la peau au point que n’apparaît sur le visage aucune expression un peu prononcée, le grand nez – qui semble s’élever d’un creux –, avec lequel on ne peut pas faire de blagues, comme par exemple vérifier s’il est dur au bout ou bien le saisir légèrement sur les côtés et le tirer dans un sens et dans l’autre en disant « Et maintenant tu vas venir avec moi », la large silhouette à la haute taille dans des jupes bien trop plissées, à qui cela peut-il plaire – elle ressemble presque à l’une de mes tantes une dame vieillotte, beaucoup de vieilles tantes de beaucoup de gens lui ressemblent. Mais à côté de ces points désavantageux, il n’y a vraiment rien chez l’Eduardowa à l’air libre, mis à part les très bons pieds, rien qui puisse susciter l’admiration l’étonnement ou même seulement le respect. Et ainsi j’ai bien souvent vu l’Eduardowa traitée avec une indifférence que même des messieurs d’habitude très corrects et expérimentés ne pouvaient dissimuler, bien qu’ils fissent naturellement beaucoup d’efforts en ce sens en présence d’une danseuse aussi connue que l’était quand même l’Eduardowa.

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